The house that Jack built de Lars von Trier (2018)

Lars von Trier s’est toujours amusé à questionner les valeurs morales de ses spectateurs, mais jamais un de ses films n’aura autant résonné avec l’actualité à sa sortie. Oppression de la femme par l’homme, insécurité, maltraitance animale; tout y est ! Le plus remarquable dans le film est certainement son fond nihiliste entièrement assumé et incarné par cette phrase mémorable hurlée par le personnage de Jack: “Personne n’a envie d’aider !”, là où le festival de Cannes 2018 prônait une unité larmoyante.

Voir The House That Jack Built comme une provocation gratuite n’en est qu’une des lectures les plus superficielles. A l’heure où le cinéma dénonce, où le cinéma aspire au changement (projet louable), Lars sort de sa cachette pour rappeler les vices et la lâcheté (représentés ici par un tigre) résidents au fin fond de tout homme.

Là où Antichrist narrait les crises d’angoisses d’un personnage et sa descente aux enfers tout en empruntant le schéma d’un film d’horreur, Jack et sa maison partage à peu de choses près le même propos sur un fond de registre comique et une réalisation d’un réalisme toujours aussi déroutant.
Je recommande ce visionnage afin de partager mon bonheur en retrouvant Lars von Trier et ses dialogues socratiques mêlant réflexion philosophiques, culturelles et scientifiques. S’il fallait distinguait The House That Jack Built du reste de sa filmographie, je saluerai le travail autour de la création de ce personnage: misanthrope dénué d’empathie, psychopathe et ingénieur soucieux de la qualité de son art, penseur de la haine pour la race humaine; un antihéros remarquable; un mythe.

Guillermo Gallo

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