La Flor de Mariano Llinás (2019)

[Texte à lire avec la voix insupportable d’un étudiant en cinéma]

Qu’as-tu vu après ces quatorze heures de film ? Combien de films ? Quel-en sont leurs propos ? Après ce long recueil de longs-métrages qu’estLa Flor, tu as l’impression d’avoir aperçu l’insouciance. L’insouciance pure. C’est à travers six films réunis dans un seul projet que Mariano Llinás et son équipe embrassent le cinéma. Bien que son réalisateur revendique avoir “cambriolé le cinéma”, tu ne penses pas que ce soit le propos du film. En passant du documentaire anthropologique à la Série B, du mélodrame à la série B, La Flor déborde d’une fraicheur enfantine déroutante. L’équipe (comédiens comme techniciens) semblent fabriquer le film comme des enfants découvrent le caméscope de leurs parents. On retrouve cette même énergie, ce même humour, cette même innocence. Comme un enfant, Mariano Llinás est tombé amoureux. Que ce soit de son film comme de ses comédiennes, il est incapable de se détacher de cette œuvre et lui mettre un point final semble avoir été la chose la plus douloureuse à faire. Alors le générique dure, nous laissant voir l’équipe technique désinstaller le matériel dans une ambiance juvénile. C’est par cette singularité de narration et de légèreté que La Flor s’inscrit dans le paysage cinématographique comme une tulipe dans un champ de blé. La Flor n’a pas la volonté de révolutionner le cinéma, non ; elle joue avec lui comme deux amoureux jouent dans une cour de récréation.

Guillermo Gallo

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